L’intelligence n’est pas affaire de diplômes

« L’intelligence n’est pas affaire de diplômes. Elle peut aller avec mais ce n’est pas son élément premier. L’intelligence est la force, solitaire, d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi – vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir. »

Christian Bobin

« Nous avons osé la thérapie de couple en ligne »

Bonjour, pourquoi avez-vous choisi de suivre une thérapie en ligne ?

Nous cherchions un thérapeute de couple et nous n’en avons pas trouvé à proximité. Par ailleurs notre fils en bas âge rendait compliqué de s’absenter à deux au même moment.

Comment se déroule votre séance (où, quand, comment) ?

Les séances se déroulent à domicile sur Skype le soir. Celles en couple peuvent alterner avec des séances individuelles sur conseil du thérapeute ou si nous en éprouvons le besoin. Les séances sont guidées ce qui aide à avancer en évitant trop de blocages. Un travail à réaliser d’une séance à l’autre permet d’agir concrètement à la lumière de ce qui a été vu avec le thérapeute. Au-delà de la prise de conscience, il y a donc une véritable aide pour améliorer la relation de couple au quotidien.

Vos rendez-vous se font à quel rythme ?

Environ une fois par semaine.

Quelles différences avec la thérapie en face à face ?

  • Nous ne sommes pas dans un cadre commun et pas dans celui que souhaite le thérapeute (« ambiance » du cabinet). Il nous appartient donc de créer chez nous un espace propice au travail thérapeutique : lieu calme, téléphone éteint, moment où les enfants dorment…
  • La ligne Internet ne fonctionne pas toujours de manière optimale ce qui peut perturber les échanges.
  • Il n’y a pas de problème pour se garer et pas d’embouteillage pour aller jusqu’au cabinet, ce qui est un gain de temps et de stress.

Peut-on vraiment se dévoiler malgré la distance ?

Oui car Skype permet un contact visuel ce qui facilite la communication. La mise en confiance n’est pas donc pas plus difficile (ou plus facile !) qu’en face-à-face.

Comment gérez-vous les moments d’émotions intenses ?

Je me laisse guider par le thérapeute… et je prévois un paquet de mouchoirs !

Pensez-vous que ce type de thérapie puisse convenir à tout le monde ?

Il est difficile de répondre à cette question. C’est sûrement plus difficile pour des personnes ayant besoin d’être cadrées ou contenues lorsque surgissent de très fortes émotions (notamment de la violence). C’est d’autant plus vrai pour les couples. Mais la difficulté est à mon sens plus du côté du thérapeute qui dispose de moins « d’outils » pour gérer (le cabinet, la présence physique). Je dirais que c’est à lui de se prononcer selon les cas.

Comment vous sentez-vous après votre séance ?

Souvent apaisée et souvent étonnée par les déblocages ou les compréhensions nouvelles qui s’ensuivent.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Que la thérapie en ligne est une vraie chance de pouvoir bénéficier des compétences d’une thérapeute de qualité quel que soit l’endroit où l’on habite.

Quelque chose à rajouter ?

Mention spéciale au site Internet, clair et complet, ainsi qu’au nouveau blog très enrichissant !

 

 

 

                Mathilde et Raphaël

L’optimisme est un choix, un engagement…

« L’optimisme est un combat (…) le pessimiste et l’optimiste partent du même constat « ça ne va pas! », le pessimiste y consent en rajoutant « demain ce sera pire » alors que l’optimiste dit « ça ne va pas, qu’est-ce que je peux faire ». Comme le disait Alain le philosophe, c’est l’intelligence alliée à la volonté. On relève les manches et on s’engage. »

                                                                                                                                           Henri-Emmanuel Schmitt

                                                                                                                                                                   10 Juillet 2018

« Vivre n’est rien d’autre que donner sa lumière… »

« Vivre n’est rien d’autre que donner sa lumière, traverser la voie lactée des épreuves, disparaître – et continuer, car telle était la parole qui ce matin se fracassait en dizaine de gouttes d’eau sur la vitre du train entre Paris er Genève: aucune lumière donnée ne se perd. Nous sommes des paillettes d’or détachées d’une statue vivante. Nous sommes des instants de son souffle, des pollens de sa voix, des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu’à l’éternel qui est ceci, ici, maintenant. »

Christian Bobin

Simone Weil, Correspondance (Le bruit du temps)

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. Il est donné à très peu d’esprits de découvrir que les choses et les êtres existent. Depuis mon enfance je ne désire pas autre chose que d’en avoir reçu avant de mourir la révélation complète. Il me semble que vous êtes engagé dans cette découverte.

(…) Cette découverte fait en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre « Quel est donc ton tourment? » Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure où il erre dans le malheur, loin de tout ce qu’il aime et avec le sentiment d’être maudit. Mais au bout de tout cela il reçoit la capacité de poser une telle question, et du même coup la pierre de vie est à lui. Et il guérit la souffrance d’autrui. »

Simone Weil à Joë Bousquet le 13 Avril 1942.

09 Octobre 2017

 

« Prendre son chagrin par la main »

Mes patients arrivent très souvent avec, en plus de leur détresse, un poids terrible, celui de la culpabilité, ils se sont mis à croire qu’il y avait des douleurs plus grandes que d’autres, comme si on pouvait les lister et les comparer entre elles et ne garder que celles qui paraitraient convenables, légitimes, dignes d’être soignées.

C’est une injuste manière d’accueillir la souffrance avec laquelle ils arrivent en thérapie. C’est vrai qu’il y a une telle pression extérieure laissant croire qu’avec un peu de volonté on peut faire face aux difficultés, aux deuils et aux agressions de nos existences.

Parfois on n’y arrive tout simplement pas parce nous sommes par définition fragiles, vulnérables et faillibles, cela n’a rien avoir avec la volonté, la force ou le courage. Tout ce qui vous rend profondément triste, perdu et qui vous empêche d’avancer comme vous le souhaitez doit être respecté, accueilli et accompagné avec la plus grande douceur possible, sans l’ombre d’un jugement. C’est ce que j’appelle « prendre son chagrin par la main » et faire avec lui quelques pas, lui permettre d’être et de se livrer tel qu’il se sent en vous. Apprendre à en entendre ses colères, ses peurs, ses caprices aussi, lui signifier que vous êtes là pour lui et que rien de ce qu’il pourrait vous confier ne pourra vous faire vous éloigner, c’est comme être pour soi cet ami dont on rêve, celui qui saurait lire nos silences et qui ne juge jamais.

Apprendre à accueillir les parties blessées, humiliées, oubliées à qui l’on ne réserve que très peu de lumière. Nous préférons bien souvent mettre en scène, sous les projecteurs, nos plus grandes qualités, nos compétences, savoir-faire et nos savoir-être, nos talents et tout le reste, le plus intime, le plus fragile on l’enterre, on le cache, on le ravale jusqu’à oublier la partie la plus vraie de soi, la part qui nous informe sur notre nature véritable jusqu’au jour où elle surgit malgré nous, elle nous rappelle qu’elle est là et qu’elle a aussi le droit d’être. Elle revient souvent brutalement puisque c’est souvent le seul moyen qu’elle trouve pour attirer notre attention. Notre attention étant toujours prise ailleurs, à l’extérieur, avec d’autres, avec des choses plus importantes, plus intéressantes que soi.

Il me semble alors nécessaire de faire parfois dans sa vie des pauses, des arrêts forcés comme une période de jeûne intérieur où le silence remplacerait le bruit constant et où on laisserait faire le calme et l’absence d’attentes.

S’extraire du ronronement de nos routines.

La routine et ses habitudes qui, au départ nous rassurent sur ce que sont nos vies, se mettent à parler à nos places sans nous questionner sur nos envies et intentions profondes et c’est là que l’on se perd, que l’on s’endort juste à côté de soi. On n’est plus au centre, on n’est plus en lien avec soi mais totalement dépendant des circonstances, du contexte, des modes, des autres…

Comment alors se retrouver et se rejoindre à l’endroit de nos propres abandons, de nos désertions, de nos infidélités et nos incohérences. Se rejoindre et se mettre en accord pour le pas suivant et retrouver enfin cette certitude que la vie peut couler en nous si on l’y autorise, si on la laisse un peu faire. Accepter de lâcher l’illusion du contrôle, se laisser aussi porter, confiant et serein, et savourer ce que nous avons de précieux, notre vie, notre souffle, notre capacité de lien.

28 Septembre 2017