Category Archives: carnet de route

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    L’optimisme est un choix, un engagement…

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    « L’optimisme est un combat (…) le pessimiste et l’optimiste partent du même constat « ça ne va pas! », le pessimiste y consent en rajoutant « demain ce sera pire » alors que l’optimiste dit « ça ne va pas, qu’est-ce que je peux faire ». Comme le disait Alain le philosophe, c’est l’intelligence alliée à la volonté. On relève les manches et on s’engage. »

                                                                                                                                               Henri-Emmanuel Schmitt

                                                                                                                                                                       10 Juillet 2018

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    Le véritable esprit de rébellion…

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    « Chercher le bonheur dans cette vie, c’est là le véritable esprit de rébellion. »

                                                                                                                                            Henrik Ibsen

    26 Juin 2018

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    « Vivre n’est rien d’autre que donner sa lumière… »

    Category : carnet de route

    « Vivre n’est rien d’autre que donner sa lumière, traverser la voie lactée des épreuves, disparaître – et continuer, car telle était la parole qui ce matin se fracassait en dizaine de gouttes d’eau sur la vitre du train entre Paris er Genève: aucune lumière donnée ne se perd. Nous sommes des paillettes d’or détachées d’une statue vivante. Nous sommes des instants de son souffle, des pollens de sa voix, des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu’à l’éternel qui est ceci, ici, maintenant. »

    Christian Bobin

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    Simone Weil, Correspondance (Le bruit du temps)

    Category : carnet de route

    « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. Il est donné à très peu d’esprits de découvrir que les choses et les êtres existent. Depuis mon enfance je ne désire pas autre chose que d’en avoir reçu avant de mourir la révélation complète. Il me semble que vous êtes engagé dans cette découverte.

    (…) Cette découverte fait en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre « Quel est donc ton tourment? » Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure où il erre dans le malheur, loin de tout ce qu’il aime et avec le sentiment d’être maudit. Mais au bout de tout cela il reçoit la capacité de poser une telle question, et du même coup la pierre de vie est à lui. Et il guérit la souffrance d’autrui. »

    Simone Weil à Joë Bousquet le 13 Avril 1942.

    09 Octobre 2017

     

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    « Prendre son chagrin par la main »

    Category : carnet de route

    Mes patients arrivent très souvent avec, en plus de leur détresse, un poids terrible, celui de la culpabilité, ils se sont mis à croire qu’il y avait des douleurs plus grandes que d’autres, comme si on pouvait les lister et les comparer entre elles et ne garder que celles qui paraitraient convenables, légitimes, dignes d’être soignées.

    C’est une injuste manière d’accueillir la souffrance avec laquelle ils arrivent en thérapie. C’est vrai qu’il y a une telle pression extérieure laissant croire qu’avec un peu de volonté on peut faire face aux difficultés, aux deuils et aux agressions de nos existences.

    Parfois on n’y arrive tout simplement pas parce nous sommes par définition fragiles, vulnérables et faillibles, cela n’a rien avoir avec la volonté, la force ou le courage. Tout ce qui vous rend profondément triste, perdu et qui vous empêche d’avancer comme vous le souhaitez doit être respecté, accueilli et accompagné avec la plus grande douceur possible, sans l’ombre d’un jugement. C’est ce que j’appelle « prendre son chagrin par la main » et faire avec lui quelques pas, lui permettre d’être et de se livrer tel qu’il se sent en vous. Apprendre à en entendre ses colères, ses peurs, ses caprices aussi, lui signifier que vous êtes là pour lui et que rien de ce qu’il pourrait vous confier ne pourra vous faire vous éloigner, c’est comme être pour soi cet ami dont on rêve, celui qui saurait lire nos silences et qui ne juge jamais.

    Apprendre à accueillir les parties blessées, humiliées, oubliées à qui l’on ne réserve que très peu de lumière. Nous préférons bien souvent mettre en scène, sous les projecteurs, nos plus grandes qualités, nos compétences, savoir-faire et nos savoir-être, nos talents et tout le reste, le plus intime, le plus fragile on l’enterre, on le cache, on le ravale jusqu’à oublier la partie la plus vraie de soi, la part qui nous informe sur notre nature véritable jusqu’au jour où elle surgit malgré nous, elle nous rappelle qu’elle est là et qu’elle a aussi le droit d’être. Elle revient souvent brutalement puisque c’est souvent le seul moyen qu’elle trouve pour attirer notre attention. Notre attention étant toujours prise ailleurs, à l’extérieur, avec d’autres, avec des choses plus importantes, plus intéressantes que soi.

    Il me semble alors nécessaire de faire parfois dans sa vie des pauses, des arrêts forcés comme une période de jeûne intérieur où le silence remplacerait le bruit constant et où on laisserait faire le calme et l’absence d’attentes.

    S’extraire du ronronement de nos routines.

    La routine et ses habitudes qui, au départ nous rassurent sur ce que sont nos vies, se mettent à parler à nos places sans nous questionner sur nos envies et intentions profondes et c’est là que l’on se perd, que l’on s’endort juste à côté de soi. On n’est plus au centre, on n’est plus en lien avec soi mais totalement dépendant des circonstances, du contexte, des modes, des autres…

    Comment alors se retrouver et se rejoindre à l’endroit de nos propres abandons, de nos désertions, de nos infidélités et nos incohérences. Se rejoindre et se mettre en accord pour le pas suivant et retrouver enfin cette certitude que la vie peut couler en nous si on l’y autorise, si on la laisse un peu faire. Accepter de lâcher l’illusion du contrôle, se laisser aussi porter, confiant et serein, et savourer ce que nous avons de précieux, notre vie, notre souffle, notre capacité de lien.

    28 Septembre 2017

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    « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

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    « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. »

    J’ai entendu cette phrase et je l’ai adoré en ce qu’elle porte en elle une vérité simple, sans éclaboussure.

    Amélie Nothomb s’en est inspirée pour son dernier roman où elle explore la jalousie, le lien d’une mère et de sa fille et les complications d’un amour encombré, empêché.

    Je crois, comme la théorie de la romancière, qu’un enfant sait tout, qu’il comprend tout dès sa plus tendre enfance, sans besoin des mots adultes, ceux qui dissimulent ou réécrivent souvent le vrai. Un enfant sait en ce qu’il est en lien direct avec ce qu’il ressent, avec ce qui lui est donné ou refusé, il sait simplement ce qui est tu et c’est bien là son incroyable pouvoir, il voit l’indicible.

    Alors on ne se sauve de rien et de personne en réalité. On essaie seulement d’apprendre, apprendre à vivre, apprendre à ne plus attendre, apprendre à ne plus demander pour seulement accueillir ce qui se joue ici.

    Ne plus chercher à guérir, ou pire à grandir, se frapper le cœur puisque c’est là qu’est le génie!

    24 Septembre 2017

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    « La légende du colibri »

    Category : carnet de route

    La notion de responsabilité, intimement liée à celle de l’engagement qu’il soit individuel ou collectif, est merveilleusement imagée par « La légende du colibri ».

    Pierre Rabhi, écologiste-paysan-philosophe, nous la raconte dans son livre « La part du colibri »; c’est une invitation à l’amour et au respect de notre Terre sacrée illustrée par Pascal Lemaître.

    « La légende amérindienne du colibri, appelé parfois l’ « oiseau-mouche », ami des fleurs »…

    Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit: « Colibri! Tu n’es pas fou? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part ».

    Prendre sa part de responsabilité et s’engager est avant tout un acte de foi et de courage envers soi-même afin que nos actes ne soient que l’expression des traits de notre cœur. C’est ainsi que notre estime de nous-mêmes sera pleinement nourrie et ne souffrira plus d’aucune comparaison… « je fais ma part, pas plus, pas moins ».

    Alors, plutôt tatou ou colibri…

    05 Septembre 2016

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    Apprendre à traduire nos épreuves

    Category : carnet de route

    La vie est ainsi faite, nous offrant nos plus grandes joie comme nos intenses moments d e chagrins; ces périodes difficiles et douloureuses peuvent être, une fois l’intensité de notre souffrance abaissée, aussi l’occasion de bilan général. Nous pouvons apprendre  à nous poser le temps d’évaluer notre tableau de bord interne et ne plus ignorer nos « warning »  allumés.

    En anglais, le terme « shake up » signifie secouer, bousculer, remanier, bouleverser; il est nécessaire de procéder à un remaniement émotionnel afin de provoquer une prise de conscience de ce qui nous appartient dans la situation qui nous rend malheureux (les déceptions amoureuses, les relations conflictuelles, les échecs professionnels…).

    En ce sens, la crise traversée nous invite à repenser nos choix avec davantage de lucidité, de discernement et de sagesse (moins influencé par notre histoire, nos croyances et nos peurs) afin de se proposer de nouvelles ouvertures et possibilités d’existence.

    Boris Cyrulnik parle de la notion de résilience (terme utilisé en physique pour parler de l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale) en la définissant comme la capacité à rebondir après un choc, une « manière de métamorphoser la douleur ». Au départ utilisée pour définir la capacité qu’ont certains enfants à triompher des traumatismes subis comme le deuil précoce, l’abandon, la maltraitance, la violence (sexuelle, de guerre…), nous pouvons aussi l’appliquer à notre manière de réagir aux chocs et perturbations éprouvantes.

    La résilience offre une perspective positive et empreinte d’espoir car elle nous confirme qu’il est possible de s’en sortir même après le pire. « La capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative ».

    Apprendre à traduire les épreuves et les échecs que nous traversons nous permet de mieux comprendre notre fonctionnement inconscient responsable des états de forte anxiété et d’angoisse.

    S’observer avec bienveillance et humour, c’est-à-dire sans la « petite voix » critique ou moqueuse de l’égo, permet aussi de conquérir des espaces de liberté et une facilité être soi plus souvent.

    25 Juillet 2016

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    Indispensables nourritures affectives

    Category : carnet de route

    Il a été raconté qu’ « au Moyen-Age, l’Empereur allemand Frédéric II de Hohenstaufen chercha lui aussi à savoir quelle sorte de langage et quelle façon de parler adopteraient des enfants élevés sans jamais parler à qui que ce fût ».

    « Aussi nous dit, dans sa chronique, le moine franciscain Salimbene – demanda-t-il à des nourrices d’élever les enfants, de les baigner, de les laver, mais en aucune façon de babiller avec eux ou de leur parler, car il voulait savoir s’ils parleraient hébreu, le plus ancien des langages (c’est tout au  moins ce que l’on croyait à cette époque) ou le grec, ou le latin,, ou l’arabe, ou peut-être encore le langage des parents dont ils étaient issus. (…) Mais il œuvra pour rien, car tous les enfants moururent… En effet, ils ne pouvaient pas survivre sans les visages souriants, les caresses et les paroles pleines d’amour de leurs nourrices ».

    Il est à espérer que cette expérience insensée et cruelle n’ait jamais eu lieu et qu’il s’agisse plutôt d’une légende créée  pour nous rappeler combien les liens affectifs sont vitaux, et ce dès le début de la vie… même un peu avant.

    Des études montrent d’ailleurs que les premiers mots prononcés à un nouveau-né ont une influence insoupçonnable sur son évolution et sa vie future.

    Les nourritures affectives, nos liens familiaux, amicaux, communautaires ou tribaux, sont essentiels à notre survie. La vie palpite si l’on se sent ou s’est senti au moins une fois pleinement et totalement aimé. Nous ne pouvons vivre et nous épanouir sans liens affectifs, ils constituent la part la plus importante qui donne son sens profond à notre vie.

    24 Juillet 2016

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    « Hommage aux victimes de l’attentat de Nice du 14 Juillet 2016 »

    Category : carnet de route

    Nice, comme de nombreuses villes du monde, a été frappée par l’horreur, l’innommable!

    Les conséquences psychologiques sont terriblement douloureuses, profondes et envahissantes.

    Ces psycho-traumatismes nécessitent une prise en charge individuelle et collective adaptée et immédiate à court, moyen et long terme.

    Choquées, sidérées, déconnectées, à côté de la réalité, les personnes touchées ont besoin d’un espace d’écoute empathique et bienveillant pour doucement reprendre pied et se relier à leur humanité. La détresse, d’une intensité immense à besoin d’être dite, criée et partagée pour rompre l’isolement du chaos interne ressenti. Les échanges et les silences en groupe de parole sont aussi un soutien indispensable pour se sentir moins seul face à l’indicible.

    Nous ne sommes pas préparés à faire face à une telle folie, pour cette raison, ces situations nous imposent de trouver au fond de nous les capacités et les qualités nécessaires pour continuer à avancer et réinventer notre rapport au monde pour que, face à  la peur imposée,  l’espoir en la vie soit la seule réponse.

    Je partage la douleur des familles et des proches des victimes  et vous fais part de mon soutien le plus total dans cette épreuve qui nous touche tous en plein cœur…

    « Le cœur blessé nous enlaçons la promenade endeuillée,

    Quelques roses blanches délicatement disposées

    Sur le sombre bitume écœuré.

    Le cœur blessé nous marchons en silence,

    Serrant plus fort

    A chacun de nos pas

    Notre armure d’amour et de liberté.

    Aucune arme ne peut abattre le cœur de notre Humanité. »

                                                                                                                                                                     23 Juillet 2016

    Alors, je me replonge dans les mots d’Antoine Leiris qui vibrent encore de force, d’amour et d’insoumission un an après les attentats de Paris. Nous sommes infiniment plus grands  que ce que l’on inflige.

     

    « Vous n’aurez pas ma haine » 

    Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

    Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

    Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

    Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

                                                                                                                                                        16 novembre 2015