Category Archives: carnet de route

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    Indispensables nourritures affectives

    Category : carnet de route

    Il a été raconté qu’ « au Moyen-Age, l’Empereur allemand Frédéric II de Hohenstaufen chercha lui aussi à savoir quelle sorte de langage et quelle façon de parler adopteraient des enfants élevés sans jamais parler à qui que ce fût ».

    « Aussi nous dit, dans sa chronique, le moine franciscain Salimbene – demanda-t-il à des nourrices d’élever les enfants, de les baigner, de les laver, mais en aucune façon de babiller avec eux ou de leur parler, car il voulait savoir s’ils parleraient hébreu, le plus ancien des langages (c’est tout au  moins ce que l’on croyait à cette époque) ou le grec, ou le latin,, ou l’arabe, ou peut-être encore le langage des parents dont ils étaient issus. (…) Mais il œuvra pour rien, car tous les enfants moururent… En effet, ils ne pouvaient pas survivre sans les visages souriants, les caresses et les paroles pleines d’amour de leurs nourrices ».

    Il est à espérer que cette expérience insensée et cruelle n’ait jamais eu lieu et qu’il s’agisse plutôt d’une légende créée  pour nous rappeler combien les liens affectifs sont vitaux, et ce dès le début de la vie… même un peu avant.

    Des études montrent d’ailleurs que les premiers mots prononcés à un nouveau-né ont une influence insoupçonnable sur son évolution et sa vie future.

    Les nourritures affectives, nos liens familiaux, amicaux, communautaires ou tribaux, sont essentiels à notre survie. La vie palpite si l’on se sent ou s’est senti au moins une fois pleinement et totalement aimé. Nous ne pouvons vivre et nous épanouir sans liens affectifs, ils constituent la part la plus importante qui donne son sens profond à notre vie.

    24 Juillet 2016

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    « Hommage aux victimes de l’attentat de Nice du 14 Juillet 2016 »

    Category : carnet de route

    Nice, comme de nombreuses villes du monde, a été frappée par l’horreur, l’innommable!

    Les conséquences psychologiques sont terriblement douloureuses, profondes et envahissantes.

    Ces psycho-traumatismes nécessitent une prise en charge individuelle et collective adaptée et immédiate à court, moyen et long terme.

    Choquées, sidérées, déconnectées, à côté de la réalité, les personnes touchées ont besoin d’un espace d’écoute empathique et bienveillant pour doucement reprendre pied et se relier à leur humanité. La détresse, d’une intensité immense à besoin d’être dite, criée et partagée pour rompre l’isolement du chaos interne ressenti. Les échanges et les silences en groupe de parole sont aussi un soutien indispensable pour se sentir moins seul face à l’indicible.

    Nous ne sommes pas préparés à faire face à une telle folie, pour cette raison, ces situations nous imposent de trouver au fond de nous les capacités et les qualités nécessaires pour continuer à avancer et réinventer notre rapport au monde pour que, face à  la peur imposée,  l’espoir en la vie soit la seule réponse.

    Je partage la douleur des familles et des proches des victimes  et vous fais part de mon soutien le plus total dans cette épreuve qui nous touche tous en plein cœur…

    « Le cœur blessé nous enlaçons la promenade endeuillée,

    Quelques roses blanches délicatement disposées

    Sur le sombre bitume écœuré.

    Le cœur blessé nous marchons en silence,

    Serrant plus fort

    A chacun de nos pas

    Notre armure d’amour et de liberté.

    Aucune arme ne peut abattre le cœur de notre Humanité. »

                                                                                                                                                                     23 Juillet 2016

    Alors, je me replonge dans les mots d’Antoine Leiris qui vibrent encore de force, d’amour et d’insoumission un an après les attentats de Paris. Nous sommes infiniment plus grands  que ce que l’on inflige.

     

    « Vous n’aurez pas ma haine » 

    Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

    Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

    Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

    Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

                                                                                                                                                        16 novembre 2015

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    Mieux comprendre nos émotions

    Category : carnet de route

    « On ne nait pas libre, on le devient », Spinoza.

    Bien avant Freud, Spinoza avait compris que toutes les actions que nous pensons mener librement sont en réalité dictées par notre affectivité (nos émotions), nos croyances et nos représentations (déterminées par nos émotions). Nos émotions sont omniprésentes, impossibles à laisser au placard le matin et elles font bien souvent la météo de nos journées.Elles nous rendent heureux, nous encombrent, nous dépassent ou nous font honte. Nous sommes tiraillés entre le besoin de les laisser être et les vivre pleinement – ce qui renvoie à ce que l’on est – et les ravaler, les domestiquer – ce qui renvoie à ce que l’on fait ou que l’on croit devoir faire en société.

    Définition et fonction

    Une émotion est généralement définie comme un trouble, une agitation passagère ou un état affectif intense caractérisés par une brusque perturbation physique et mentale. Explosive, intense et brève, elle peut être liée soit à des causes extérieures ou des causes intérieures. L’émotion arrive avant nos pensées (pré-verbale); par exemple, lorsque nous sommes en colère tout notre corps se tend et crispe en réponse immédiate à la situation-problème avant même que nous ayons émis une pensée. Nos émotions ont donc un impact très important sur nos représentations et notre vision de monde.

    Elles prennent naissance au plus profond de notre cerveau archaïque « reptilien » avant d’être relayées par le néocortex à notre cerveau dans le système limbique.

    Nous avons à la naissance les mêmes réactions émotionnelles; ce qui vient nous conditionner ce sont les réactions différentes des parents avec un garçon ou une fille; c’est la raison pour laquelle les hommes auront plus de mal à assumer  leurs émotions comme l’anxiété et la tristesse du fait de ce conditionnement de départ.

    Les chercheurs parlent de 6 émotions universelles:

    • la peur,
    • la colère,
    • la tristesse,
    • la joie,
    • le dégoût,
    • la surprise.

     

    Certains psychologues rajoutent:

    • la honte,
    • la culpabilité.

     

    On les aborde selon 2 axes:

    • La valence (agréable ou désagréable),
    • L’intensité (explosive, incontrôlable…).

     

    Elles renvoient toutes à 2 états affectifs primaires liés à des sensations physiques:

    • le plaisir,
    • la douleur.

     

    Les émotions ne sont ni des sentiments ni des humeurs.

    Les sentiments comme l’amour et la haine sont plus stables et plus durables. Les sentiments sont des émotions qui durent.

    Les humeurs sont plus diffuses et d’intensité plus basse, on y trouve:

    • l’anxiété,
    • l’ennui,
    • la morosité,
    • la mélancolie.

     

    Boris Cyrulnik explique qu’il n’y a jamais de perception pure chez l’homme, chaque parole, chaque geste, chaque parfum, chaque image, chaque goût est « interprété » par son affectif; sans les émotions nous serions des machines.

    Pour le psychologue Daniel Goleman à qui l’on droit le concept d’intelligence émotionnelle, la réussite d’un individu dépend davantage de son QE (Quotient Émotionnel) que son QI (Quotient Intellectuel). Il a démontré que les « gagnants » dans une entreprise étaient ceux qui étaient humainement appréciés et capables de gérer leurs émotions et celles des autres. De plus , les émotions sont de véritables outils de communication.

    Il fait bon pleurer…

    Saviez-vous que « les larmes détiennent à peu près dix fois plus d’hormones de stress que le sang selon Marc Schwob, chercheur en neurophysiologie, pleurer est donc la manière la plus naturelle et la plus adaptée pour extérioriser son chagrin.

    Et avoir le cœur joyeux,

    La joie est un euphorisant désinhibiteur naturel stimule la production d’hormones du plaisir ( comme la sérotonine), c’est un véritable aimant, elle attire les autres vers nous et nous pousse au partage. La joie et le plaisir renforcent les défenses immunitaires alors que la peur , la douleur , le chagrin les affaiblissent et nous rendent moins résistants aux germes et au virus.

    Les émotions négatives retenues ou bloquées sont nocives

    Marchander avec nos émotions, en les déguisant ou en les inhibant à l’excès,  présente des risques pour notre santé physique et psychologique. Joseph Le Doux, chercheur, explique qu’ « elles risquent donc de resurgir à tout moment, sous forme de phobies, de boule dans la gorge, de migraines, de dépression, de vide que l’on comble en mangeant ou en se mettant à boire, de maladies psychosomatiques graves ».  Les psychanalystes ont aussi remarqué que le profil des personnes atteintes d’un cancer montre une retenue des sentiments.

    A l’inverse, l’hyperémotivité ou labilité émotionnelle (c’est-à-dire une humeur peu stable) n’est aussi qu’une manière de fuir ses émotions. Depuis l’enfance, l’hyperémotif joue à être ému (à faire le clown, à être le peureux ou le craintif, le pleureur, le rieur…), tout en cachant ce qu’il ressent réellement, pour ne pas déplaire et se faire aimer.

    Freud a bien expliqué, en parlant des émotions, que pour notre bien-être, notre inconscient va les refouler, déplacer, somatiser, projeter sur d’autres afin d’éviter qu’elles soient perçues en soi,  on peut même les transformer en leur contraire. Tous ces mécanismes de défense contre nos émotions épuisent notre énergie psychique et corporelle.

    Accueillir les émotions de nos enfants

    • Ne pas hésiter à nommer les émotions, même ceux de votre bébé afin de l’aider à les identifier,
    • Garder à l’esprit que votre enfant reste très soumis à ses émotions,
    • Lui apprendre à mettre en mots ce qu’il ressent,
    • S’isoler avec lui pour qu’il explique son ressenti dans un cadre calme et rassurant,
    • Ne pas lui reprocher ses émotions et encore moins s’en moquer,
    • Lui parler de vos propres ressentis, il a besoin des émotions des adultes qui l’entourent pour grandir. Les enfants deviennent parfois violents parce qu’ils prennent à tort des silences ou des expressions neutres pour des marques d’hostilité, d’incompréhension ou de rejet,
    • Accueillir sans jugement ses émotions de tristesse ou d’angoisse, ses pleurs, ses cris ou ses mots agressifs,
    • N’interdire aucun type d’émotion. L’enfant perçoit très vite les émotions à réfréner pour être accepté ou aimé de ses parents, la plupart des des blocages émotionnels à l’âge adulte viennent de ce conditionnement affectif négatif. Celui qui n’a jamais le droit d’exprimer sa colère apprendra à ne plus être lui-même pour plaire aux autres.
    • Éviter de tomber dans les stéréotypes conditionnant de type « les garçons sont petits durs qui ne pleurent pas et qui n’expriment pas leurs émotions et « les filles sont des modèles de douceurs et de gentillesse ».,
    • L’aider à développer sa curiosité et sa créativité,
    • Favoriser une écoute et une qualité de présence à l’adolescence, votre enfant aura besoin d’une certaine liberté tout ayant besoin d’être rassuré (ne pas hésiter à partager vos expériences, vos peurs, vos ressentis…).

     

    Accueillir nos émotions

    • Être attentif à ses ressentis corporels,
    • S’observer avec bienveillance,
    • Tenir sur un carnet, un journal, se créer un lieu de rendez-vous avec soi et pour soi,
    • Apprendre à assumer ce que l’on pressent intuitivement comme faisant partie de nous,
    • S’autoriser nos émotions internes et leur expression,
    • S’accueillir avec douceur et sans jugement,
    • Devenir son meilleur ami (amour, respect, engagement, fidélité, fiabilité).

     

    Le travail intérieur de connaissance de soi nous libère de nos émotions, de nos désirs, de nos passions et nos croyances. C’est en s’observant quotidiennement  que l’on parvient à sortir de la pression des injonctions extérieures afin de retrouver autonomie et  liberté intérieure.

    21 Juillet 2016

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    Le bonheur… dans un carnet!

    Category : carnet de route

    J’ai toujours aimé les carnets, les petits que l’on peut aisément avoir sur soi pour prendre des notes partout et tout le temps. C’est comme un endroit sacré où l’on pose une trace, en cours de route, un émerveillement face à la nature, une citation, une réplique de film, une humeur, une émotion, une réflexion, une joie inattendue… . Ces bouts de soi deviennent de véritables baumes apaisants dans les moments de désespoir et découragement, des sources inépuisables d’inspiration pour le travail d’introspection.

    Mes carnets, que je choisis toujours avec soin tant dans les couleurs, matières, formats, texture des pages, espacement entre les lignes, sont le lieu d’expression de mon état émotionnel interne et m’aide à me relier à l’essentiel avec moins de parasitages extérieurs.

    Je commence en général par le même rituel, une phrase, une pensée, un échange ou un événement particulier ayant fait échos; une de mes idées favorites, que je partage souvent avec me patients, c’est que « le bonheur n’est pas un projet » (Frédéric Lenoir en parle très justement dans son « Petit traité de vie intérieure »).

    Nous ne pouvons nous empêcher de nous penser au futur; en permanence, il nous faut prévoir d’être heureux et détendu pendant le week-end, pendant nos vacances ou pire encore au moment de la retraite 🙁 , nous attendons de gagner le gros lot pour réaliser nos rêves, du plus simple au plus fou, comme s’offrir une escapade en amoureux, un voyage au bout du monde ou simplement se faire plaisir ou gâter ses proches.

    Cette attitude nous dessaisit de notre responsabilité sur nos propres vies comme si notre bonheur ne dépendait que de causes extérieures n’ayant rien à voir avec nous, une promesse illusoire d’être enfin libre et joyeux mais pas tout de suite, un peu plus tard! C’est une perspective, triste de résignation, où l’on se convainc que le réel bonheur n’est jamais à portée de main, comme s’il était toujours coincé entre un ailleurs et un hypothétique miracle auquel on ne croit pas vraiment (on le dit souvent « les miracles n’arrivent qu’aux autres »).

    Et si on permettait au bonheur d’être  cet instant de pause, un sourire partagé, un fou rire incontrôlable, un moment de complicité simple et authentique, le remerciement d’un inconnu qu’on laisse passer ou à qui l’on tient la porte, la gratitude d’être consolé par un ami sincère, la douceur d’un câlin, danser, chanter faux… enfin  toutes ces occasions quotidiennes de savourer avec gourmandise et le cœur joyeux le bonheur de l’instant présent.

    Le défi devient alors l’acceptation que le bonheur ne s’achète ni ne se possède, il se vit, palpite, s’éprouve à chaque instant tout en restant fragile, insaisissable et éphémère , ne s’offrant totalement qu’à celui qui prend la peine de le saisir à la volée dans le quotidien. Il est,  à l’image de nos vies, nos relations, nos sentiments et nos humeurs, impermanent par définition et c’est bien ce qui le rend si précieux. Refuser sa nature et sa condition profonde c’est comme lutter contre un courant et s’épuiser d’avance.

    Nous devons l’accepter tel qu’il se donne sans chercher à le contrôler, l’amadouer ou le mettre en boîte, en réserve. On le croise autant dans la douceur routinière que dans les coups d’éclats imprévus.

    On comprend alors que notre vie n’est que le fidèle reflet de nos pensées, nos peurs et nos représentations, elles-mêmes nées de notre histoire familiale, notre éducation, notre culture… (conditionnement initial); à bien y regarder, nous pouvons voir, comme dans un miroir, se matérialiser ce qui nous encombre, nous « prend la tête », nous habite malgré nous. Toutes ces interférences qui se manifestent dans notre vie ne représentent en rien ce que nous désirons au fond, elles sont souvent aux antipodes de nos envies réelles et de notre nature profonde.

    Avez-vous remarqué combien nous sommes capables de remettre en place tous les ingrédients nécessaires à la réussite de notre propre souffrance, à s’imposer inconsciemment de revivre des situations dramatiques, douloureuses ou complexes nous obligeant à répéter inlassablement les mêmes scénarios toxiques et destructeurs. En psychologie, on parle de blessures narcissiques lorsque nous nous inscrivons dans la répétition de schémas négatifs; par exemple, quelqu’un qui a grandi avec peu ou pas de nourritures affectives (manque ou absence d’amour des parents, non-acceptation inconditionnelle, absence réelle ou symbolique des parents, absence de référents aimants compensateurs…) ira interroger auprès de ses pairs (à la crèche, à l’école, auprès de son partenaire et des ses amis, ses collègues, son patron…) cette question de l’acceptation et de la légitimité. Il est capable de créer  de manière inconsciente des situations de rejet, de désamour voire d’humiliation car cette thèse vient lui dire que tout est comme à la maison, comme ce qu’il connait. Ainsi, il valide l’expérience avec les premiers objets d’amour, ses parents, et il se met, en même temps, à jouer un rôle et à porter une lourde carapace.

    C’est parfois difficile à admettre mais il nous faut l’accepter, nous nous définissons en premier lieu par rapport à nos parents pris eux-mêmes dans leurs propres encombrements et conditionnements. Notre histoire nous précède et commence, on le voit, bien avant notre naissance physique. Vous comprenez le panier de nœuds et le  poids, souvent inconscient, de l’héritage familial et de ses injonctions.

    Ce qui est rassurant c’est que l’on peut, par la prise de conscience, la résilience, le travail d’introspection reconquérir son estime de soi et sa liberté, se rééquilibrer, se recentrer pour sortir des souffrance d’enfance (les nôtres et celles de nos parents). Il est tout à fait possible d’en sortir sans s’encombrer de culpabilité ou de trahison; notre responsabilité est de prendre soin de soi et cela vaut pour chacun d’entre nous; celui qui ne pose pas ce choix pour lui ne peut en vouloir à celui qui chemine dans ce sens .

    Être adulte ce n’est pas faire semblant de ne pas souffrir et de tout contrôler; c’est l’inverse, « grandir », c’est avoir le courage de retrouver son cœur d’enfant, libre et spontané, c’est apprendre à accepter les moments de souffrance, c’est savourer les instants de grâce et enlacer  nos rêves, surtout les plus fous! Et se rappeler l’importance de nos souvenirs heureux, puissant réconfort lors de fortes secousses et d’intempéries.

    Aujourd’hui, je rencontre de nombreuses personnes, de tous les âges, qui  s’écoutent, tendent l’oreille, guettent les signes de leurs corps et pressentent les demandes intérieures; ils se lancent alors à la reconquête de la partie oubliée, séparée avec audace et détermination.

    12 Juillet 2016